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Est-ce qu'une machine peut vraiment répondre à mes clients ?

Comparatifs accueil téléphoniquerelation client
Auteur Alexandre Dupin
Publié le

À retenir

  1. La bonne comparaison n'est pas entre une machine et vous, mais entre une machine et votre messagerie vocale.
  2. Un accueil automatisé sait accueillir, comprendre une demande courante et noter des coordonnées. Il ne sait pas conseiller techniquement ni s'engager sur un prix.
  3. Ce qui fait fuir un appelant n'est pas de parler à une machine, c'est de devoir taper sur des touches et de tourner en rond.
  4. La règle à exiger : ne jamais se faire passer pour vous, et dire quand il ne sait pas.

La réponse courte

Oui pour accueillir, comprendre une demande courante, noter un nom, une adresse et un besoin, puis vous transmettre le tout. Non pour conseiller techniquement, négocier un prix ou traiter un client mécontent.

Mais la vraie question n’est pas là. Personne ne compare un accueil automatisé à vous : vous n’êtes pas disponible, c’est précisément le point de départ. La comparaison honnête est entre une machine et votre messagerie vocale, et à ce jeu-là la messagerie perd sur tous les critères.

La comparaison que tout le monde fait de travers

Quand on se demande « est-ce qu’une machine peut parler à mes clients », on imagine implicitement l’alternative : soi-même, disponible, en train de bien faire.

Or cette alternative n’existe pas au moment où l’appel arrive. Vous êtes sous un évier, au volant ou chez un autre client. Le choix réel est :

  • personne ne répond, l’appelant tombe sur une messagerie et raccroche ;
  • quelqu’un répond, prend la demande, et vous la transmet.

Formulée ainsi, la question devient beaucoup plus simple. Il ne s’agit pas de remplacer une conversation avec vous, il s’agit de remplacer un silence.

Ce que ça sait faire

Accueillir correctement. Dire le nom de l’entreprise, écouter, ne pas couper. C’est déjà mieux qu’une annonce enregistrée.

Comprendre une demande courante. Un dépannage, une demande de devis, une prise de rendez-vous, une question d’horaires ou de zone. Ce sont des situations répétitives et cadrées, et c’est exactement là que l’automatisation fonctionne bien.

Poser les bonnes questions. C’est le point le plus sous-estimé. Un accueil configuré pour votre métier demande l’adresse complète, l’étage, si le problème est stabilisé, et fait répéter le numéro de rappel. Beaucoup d’humains non formés à votre métier ne le font pas.

Filtrer le démarchage. Les appels commerciaux sont identifiés et n’atterrissent pas dans vos demandes à traiter. Sur certaines lignes professionnelles, c’est une part considérable des appels.

Ce que ça ne sait pas faire

Il faut être aussi net sur les limites, parce que c’est ce qui détermine si l’outil vous convient.

Conseiller techniquement. Personne ne va diagnostiquer une panne de chaudière au téléphone à votre place, et il ne faut pas l’attendre.

S’engager sur un prix. Annoncer un montant ferme sur un chantier non vu vous expose. Un accueil sérieux donne au mieux une fourchette que vous avez vous-même fournie, et renvoie vers votre rappel pour le chiffrage.

Gérer un client mécontent. Une réclamation, un litige, une facture contestée demandent une personne. C’est le cas où un télésecrétariat humain garde un avantage net.

Négocier. Un client qui veut discuter le prix doit vous avoir vous.

Ce qui fait vraiment fuir les appelants

L’expérience détestée du public n’est pas de parler à une machine. C’est le serveur vocal à touches : « tapez 1 pour les devis, tapez 2 pour le service après-vente », les menus imbriqués, la musique d’attente, et l’impossibilité d’expliquer sa situation.

Ce que les gens détestent, ce n’est pas l’automatisation, c’est de ne pas pouvoir dire ce qu’ils ont à dire. Un accueil où l’on parle normalement, où l’on est écouté et où l’on obtient un engagement de rappel n’a rien à voir avec cette expérience.

Le test est simple : est-ce que l’appelant peut expliquer son problème avec ses mots, dès la première phrase ? Si oui, l’objection tombe la plupart du temps.

Et si le client raccroche ?

C’est l’objection suivante, et elle a une réponse factuelle.

S’il raccroche, vous recevez quand même la trace de l’appel avec son numéro. Vous pouvez rappeler.

Comparez avec la situation actuelle : sur une messagerie, il aurait aussi raccroché, et sans laisser de message. Vous n’auriez rien eu du tout, ou juste un numéro sans contexte que vous n’auriez peut-être pas rappelé.

Autrement dit, le pire cas d’un accueil automatisé est équivalent au cas normal d’une messagerie. Le risque n’est pas symétrique.

Le vrai critère de décision

Il ne porte pas sur la technologie mais sur votre clientèle.

Si vos appels sont majoritairement des demandes cadrées, dépannages, devis, rendez-vous, questions d’horaires, l’automatisation traite la grande majorité des cas correctement.

Si vos appels sont majoritairement des échanges longs et techniques, avec des interlocuteurs qui attendent un avis d’expert dès la première minute, il vous faut une personne, et probablement vous.

Pour la plupart des professionnels de terrain, la réalité se situe très largement du premier côté. Ce qui arrive au téléphone est répétitif : qui vous êtes, ce que vous faites, où vous intervenez, quand vous pouvez passer, combien ça coûte à peu près.

Le baromètre ARTIsanté de la CAPEB, IRIS-ST et la CNATP rappelle par ailleurs que 19 % des dirigeants du bâtiment travaillent plus de soixante heures par semaine. Dans ce contexte, la question n’est pas de savoir si une machine fait aussi bien que vous. C’est de savoir ce qui se passe pendant les heures où vous ne pouvez, matériellement, rien faire.

Pour comparer les trois familles de solutions, le détail est dans notre guide entre répondeur, télésecrétariat et réceptionniste. Et pour comprendre pourquoi la messagerie ne suffit presque jamais, c’est ici.

Questions fréquentes

Mes clients vont-ils s'en rendre compte ?

Certains oui, d'autres non, et cela dépend surtout de la longueur de l'échange. Ce qui compte pour eux est d'obtenir une réponse et d'être rappelés, plutôt que de tomber sur une messagerie. Un accueil honnête ne prétend jamais être le professionnel lui-même.

Et si un client refuse de parler à une machine ?

Il raccroche, et vous recevez quand même la trace de l'appel avec son numéro. Vous n'êtes donc pas plus mal loti qu'avec une messagerie, où il aurait aussi raccroché, mais sans que vous sachiez qu'il a appelé.

Est-ce que ça peut donner un prix à ma place ?

Cela ne devrait pas, et c'est un critère de choix. Un prix annoncé au téléphone sur un chantier non vu vous engage et se retourne contre vous. Un bon accueil récupère les éléments qui vous permettent de chiffrer, et vous laisse chiffrer.

Que se passe-t-il si l'appelant a un accent, parle vite ou appelle d'un endroit bruyant ?

La compréhension baisse, comme pour un humain. Ce qui compte alors est le comportement : faire répéter, reformuler les chiffres et l'adresse, et signaler ce qui n'a pas été compris plutôt que de le noter au hasard.

Toujours bien reçu.

Vos prochains appels manqués peuvent déjà devenir des demandes qualifiées.

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